Villers-Bretonneux. tank vs tank A7v titre
logo A7V

A7V "Sturmpanzer"

 

 

Villers-Bretonneux (24 au 26 avril 1918)

Agrandir le plan

Bataille de Villers-Bretonneux : objectifs allemands

Avril 1918, à la fin de l'offensive "Michael" les troupes allemandes ont progressées de plus 50 km. Les troupes allemandes sont épuisées, et il reste encore à une vingtaine de kilomètres avant d'atteindre Amiens. Ville stratégique, Amiens est maillon indispensable au ravitaillement par route et par chemin de fer des troupes allié dans le secteur. Ce secteur et également le point de jonction entre les armées franco-britanniques. Conscient de l'épuisement de ses troupes, Ludendorff met à profit les quelques jours de calme pour préparer une nouvelle offensive. Celle ci n'a initialement pas pour but la prise d'Amiens, mais la capture du plateau autour de Villiers-Bretonneux pour y positionner son artillerie, et bombarder Amiens et les routes alentours, en espérant rendre la position intenable pour les britanniques. Ludendorff pour cette offensive sait qu'il peut compter sur la 2eme armée qui a participé à l'offensive "Michael". Épuisé, elle sera renforcée en artillerie (au total elle disposera de 1200 pièces avec munitions conventionnel et gaz). Les unités alors en première ligne seront renvoyées à l’arrière, laissant la place des bataillons issus de divisions fraîches. Et grande première, la totalité des A7V seront lancé dans la bataille, une quinzaine de tank viendront appuyer l'infanterie sur plusieurs points du front. Une dispersion qui nuira finalement à leur efficacité. De plus tout les chars seront lancés dés le premier jour, compromettant la suite des opérations en cas de bataille prolongé puisque aucune réserve en char d'assaut n'est prévu. On pourrait résumer l'opération par sa passe ou sa casse.

De leurs coté, les troupes britanniques constituées deux divisions anglaises,  la 62ème et ma 8ème sont à bout de souffle, et contre attaquer leur est tout bonnement impossible. Tenir les plateaux est donc leur unique prérogative. Aussi rameutent ils toutes les troupes encore disponibles en attendant l'arrivé de renfort venant directement du Royaume-uni. Elle doit donc ce contenté d’un peu infanterie, de l'artillerie (en nombre limité), et sur tanks : 13 tank Mk IV du 1er tank battalion, et 7 Whippet du 3eme light tank battalion.

Prélude à l'offensive, les allemand commence le 17 avril 1918 leur bombardements sur Villers-Bretonneux, Cachy, et les bois de l'Abbé et d'Aquenne (gaz et obus conventionnels). Le bombardement durera cinq jours, de manière discontinue avec une intensité variable. Pour les britanniques, le doute n'est plus permis,  mais ils restent dans l'impossibilité d'obtenir plus rapidement des renforts. Mais s’ils tiennent le coup l'arriver de troupes  australiennes pourrait faire pencher la balance en leur faveur. De plus l’aide des français est sollicité. Si dans un premier temps cette aide leur est refusée, les français leur viendront finalement en aide.

allentours de villers-bretonneux

Allentours Villers-Bretonneux
E05402A Australian War Memorial

La montée en ligne des A7V

24 avril 1918, La monté en ligne des A7V ne se fera pas sans difficulté. Il est normalement prévus d'acheminé les quinze A7V par train jusqu'à Wiencourt, puis atteindre leur ligne de départ autour du hameau de Marcelcave, distant à un peu plus d'un kilomètre à vol d'oiseau, par leurs propres moyen. Mais deux d'entre eux tombent en panne sur le chemin. Le premier avant même de monter dans le train, le second, le n°503 "Faust" sur la route que devait l'amené à sont pont de départ. Lorsque le dernier A7V arrive en position il est 3h30...

Le plan d'action est le suivant. les allemands prévoient d'attaquer sur trois axes en colonne appuyé par trois, six, et quatre tanks A7V.
Au nord les troupes devront prendre le bourg Villier-Bretonneux par le nord, et bifurquer vers le bois d'Aquenne. Au centre, l'attaque passe par au sud de Villier-Bretonneux pour foncer directement en direction du bois d'Aquenne en le contournant par le sud. Enfin au Sud les troupes allemandes devront se porter leur effort en direction de Cachy.

L'assaut du 24 avril 1918

bataille Villers-bretonneux 24 avril 1918

source : http://www.museeaustralien.com/images/file/Bataille%20Villers-Bretonneux.pdf

A 3h45, un quart d'heure après l'arrivé du dernier A7Vsur sa ligne de départ, l'offensive est lancé. L'artillerie allemande effectue un bombardement en règle non seulement sur les lignes britanniques mais également sur les routes de ravitaillement. Les gaz sont une fois de plus utilisés massivement. Les bombardements vont durer plus de deux heurs.

A 6h Sur le nord, les troupes d'assaut, majoritairement des constituée de Sturmtruppen, de la 222 division d'infanterie et 3 tank A7V, quittent leur tranchées. Masqués par la brume matinale et par l'utilisation de fumigène l'approche se passe plutôt bien. Appuyé par un feu roulant, qui empêche dans un premiers temps les britanniques de sortir trop vite de leurs abris pour les cueillir en terrain découvert,  dans un second temps ce barrage empêchera tout renfort venu de l’arrière, toutes autres formes de contre-attaque ou de repli.

A 7h30 ils abordent le bourg de Villers-Bretonneux. Les A7V ouvrent la voie dans le réseau de barbelés, et prennent les tranchés en enfilade avec leurs mitrailleuses de sabord. Dès 8h, les britanniques cèdent sur les premières lignes et commencent à se retranche dans le bourg. Le feu roulant allemands les empêche effectivement tout replis vers le bois d’Aquenne (et tout renfort depuis le bois) et combien même courir en plein champs à découvert ne semble pas être la meilleur idée. Pourtant se retranché dans le bourg si l'idée semble bonne,  va se révéler  être un piège pour les britanniques. Face aux lance-flammes et aux charges de démolition, l'affaire devient vite intenable. A 9h les allemands se réorganisent et mènent nouveau l'assaut sur le bourg. Après deux heures et toujours l’appui des trois A7V dirigés par Oberleutant Skopnik, la gare est prise (avec l’aide des troupes du groupe du centre). Il ne subsiste alors que quelques poches de résistances isolées. Fort de cette réussite, les trois A7V repartent sur leurs lignes de départ à Marcelcave qu'ils atteignent vers midi. Si les tanks font demi-tours, l'infanterie, elle reste à pieds d'œuvre et commence l'infiltration (en coopération avec les troupes du centre) du bois d’Aquenne.

Villers-Bretonneux

Villers-Bretonneux Avril 1918
E02154 Australian War Memorial

Au centre, l'attaque est menée par une unité d'élite, la 4 Garde infanterie-division (wikipedia), qui sera appuyé non pas par trois, mais six chars d'assaut A7V. Comme au nord, les premières lignes britanniques sont percées, et occupées. Mais la progression ne stop pas pour autant, des positions d'artillerie sont enlevées et les troupes participent même à l'assaut des quartiers sud de Villers-Bretonneux. Mais au cours de se combat, les A7V accusent leurs premières pertes. Le "Mephisto" (A7V n°506) bascule dans un cratère. Il est aussitôt évacué par son équipage sans être saboter. Les allemands imaginent sûrement pouvoir le récupérer ultérieurement. L’ironie de l’histoire fera que suite à l’offensive australienne, une équipe de démolition allemande tentera de le détruire dans la nuit du 25 avril. Sans y parvenir, fort heureusement, puisque récupéré par les australiens,  le « Mephisto » est  aujourd’hui  l’unique exemplaire existant d'A7V. (Exposé aujourd'hui au Queensland Museum).


Le Mephisto, capturé par les australiens au cours de la nuit du 24/25 avril 1918, est Redécoré aux goûts des nouveaux propriétaires
E02877 Australian War Memorial

Une fois le bourg conquit, les troupes allemandes  investissent le bois d'Aquenne avec l’appui des cinq A7V restant. Mais pour les A7V tout se complique. Le « Gretchen » (A7V n°501) est obligée de faire demi-tours en raison d'une surchauffe de son moteur. Si l'avance allemande a bien commencé au nord et centre, l'assaut est loin d'être une promenade de santé, l'A7V "Hercules" est endommagé par un obus d'artillerie et rentre également. Puis c'est au tour du "Baden I" de faire demi tour, en raison de problèmes avec sa pièce de 57 mm. Pourtant ces six mitrailleuses n'auraient pas été de trop pour la suite du combat.

Combattre dans les bois pour les tanks de ce type pourrait paraître impossible, voir très handicapant pour ces mastodonte de 32 tonnes. Pourtant ici il en sera rien puisque le bois d'Aquenne comme de nombreux bois où la chasse est pratiqué offre au chasseur la possibilité de marché facilement sur des chemins de chasse. C'est layons, évitèrent aux tanks de parcourir des étendus trop boisé et de se faire piéger par la végétation, dans un trou d'obus dissimulé ou une zone humide.

Alors que l'offensive semble s'essouffler du coté allemands, les troupes ne peuvent compter que sur trois char au lieu de neuf (si on compte tous les A7V opérant au centre et au nord), et aucune réserve de tank n’est prévus pour la suite de l’opération. Alors même que les britanniques, retranché derrière les reliefs et dans leurs tranchés semble tenir fermement leurs positions.

Au sud du dispositif, la 77ème DI allemande, appuyé par quatre A7V, doit attaquer en direction de Cachy. Comme les unités plus au nord elle doit profiter d'un épais brouillard lors des premières heures de l'assaut. Mais Contrairement aux autres unités, ce n'est pas une unité d'élite. Perdu dans le brouillard sur un terrain accidenté, les colonnes d'assaut perdent vite le contact entre elles et perdent de vue leurs objectifs. Du coté des Blindée ce n'est guère mieux. L'un d'entre eux, le Nixe ( A7V n°561) ne peut participer au combat en raison d'une panne mécanique. Et un second, A7V n°542 "Elfriede" du Leutnant Stein, se perd dans le brouillard et prend la direction du nord (vers Villers-Bretonneux). totalement désorienté et soufrant d'une mauvaise visibilité, l' Elfriede finira sa course en se renversant en abordant une bute de terre de coté et bascule (L’A7V est victime d'un centre de gravité trop haut. La taille du châssis étant limitée en raison de la nécessité de pouvoir transporter l'engin par le rail). Tombé non loin des tranchés britannique la scène ne passe pas inaperçue. Si Stein ordonne de tenir la position, l'équipage désobéi (de plus ils ne sont pas forcement armés) et préfère fuir  sous une pluie de balles. Stein ferra le coup de feu contre les soldats britanniques et sera abattu.

A7V
Tank allemand A7V Elfriede, remis sur pied par les alliés apres avoir basculé.
E02368 Australian War Memorial

Les deux A7V restant (le Schnuck N°504 et Siegfried N°525) sont toujours au contact avec la 77 DI, mais la progression est lente. L’A7V est un engin trop lourd et trop peu maniable. Franchir un cratère d'obus un peu trop profond lui est impossible. Ils doivent donc contourner sans cesse les obstacles. Et avec le brouillard qui commence à ce dissiper, ils deviennent rapidement l'attraction de l'artillerie britannique qui n'oublie pas des les saluer chaleureusement avec des obus de tout calibres.

Vers 9H les deux A7V les deux survivant ont l'heureuse vison de voir apparaitre un autre A7V venant du nord. Tous pensent qu'il s'agit de l'Elfriede du Leutnant Stein qui a retrouvé son chemin (ils ignorent encore la mort de celui-ci). En réalité c’est le  Nixe (N°561) qui n'avait pas pu partir avec eux en raison d'une panne mécanique. Mais après quelques efforts la machine démarre. Mais comme Stein, le commandant du "Nixe", le Leutnant Blitz, se perd dans le brouillard et prend la direction du nord ouest. Se rendant compte de sa bévue il ordonne de changer de direction pour prendre le cap sud ouest et parviendra à rejoindre ses deux compères. C'est donc finalement à trois que les chars se présentent devant leurs objectifs.

1er combat tank vs tank.

 

Pour bloquer l'avancé allemande vers Cachy, les britanniques envoient dans un premier temps trois tanks Mk.IV (2 femelles et un mâle). Après  avoir franchit le barrage d’artillerie allemand, les tanks anglais rencontrent une unité d’infanterie tapis dans leurs tranchés. Celle-ci les mettent au courant de la situation et les informe de la présence des tanks allemands plus au nord. Les anglais décidèrent aussitôt de leur couper la route. Impatient d'en découdre, ils en sont pas moins inquiet. Un seul d'entre eux est armé de canon, et igrnorant totalment la valeur de la machine face à l'ennemi. (chars britanniques capturés ou de conception allemande, armés de mitrailleuses ou de canon).

tank Mk.IV
Tank Mk IV femelle
source : Wikipedia

De leurs coté les allemands ignorent  la présence des trois chars britanniques venant  à  leur rencontre.  A la vue des tranchés britanniques,  ils sont en formation en « V » pour appuyer  les unités d’assaut équipé de lance-flammes.  Les Tanks anglais, venant du sud en longeant les tranché, se positionnèrent à l'avant de leurs tranché pour se mettre derrière les barbelé à la limite du no man's land. Le choc semblait inévitable. Pourtant deux A7V , le Siefried et le Schnuck continuent leur route pour attaquer les positions britanniques, sans prendre en compte la présence des char britanniques (il est vraie que l'objectif prioritaire était l'appuis des troupes d'assaut, et la capture des tranchés). Mais peut être qu’en raison de la mauvaise visibilité,il n'ont pu déceler leur présence. Ou mal identifié. Trois tank armées de mitrailleuses ne représentant guère de danger pour les A7V (le tank Mk IV pouvant être pris de loin pour un char femelle en raison de ses canons courts).

Seul le Nixe se porte à l'avant des Tanks MK IV. A trois contre un l'avantage semblerait être du coté britannique. Pourtant A7V, si il est beaucoup moins agile et plus lent que les Mark IV, sont armement et son blindages vont lui permettre de prendre l'ascendant face aux tanks britanniques. Le Nixe se concentre tout d'aabord sur les deux tanks femelles (avec son canon de 57 mm),  le tank Mk IV mâle se positionne pour se mettre sur un axe parallèle à la route du Nixe. Si il n’utilise qu’une seul pièce de sabord, celle-ci profite d'un angle de débattement plus important que si le combat se faisait face à face (un peu comme les vaisseaux de ligne lors des batailles navales des siècles précédents). Durant toute sa phase d'approche le Mk IV mâle ne semble pas iniquité, ni même repéré. Il va ainsi tiré une dizaine d'obus sans la moindre réplique de la part de l'allemand. (Comme les deux chars sont en mouvement, la visé était être très difficile et l'absence de suspension n' améliore rien à l'affaire).  En attendant l'allemand fait mouche, à coups d’obus perforant de  57 mm. sur les tanks Mk IV femme. L'un est gravement endommagé et le second est touché à plusieurs reprise. Tout deux commencent à effectuer des manœuvres de replis en émettant de la fumé. Ce n'est qu'a ce moment que le Blitz (commandant du Nixe) semble s'apercevoir de la présence du tank Mk IV équipé de canon, et qui contrairement aux deux autres tank (équipé de mitrailleuse), représente un réel danger pour lui. Avec un blindage de 20 à 30 mm l'A7V ne pouvait être iniquité par les mitrailleuses Hotchkiss des Tanks Mk.IV  femelles. Face à un canon de 6 pound (76 mm) court, les choses sont bien différentes et le danger bien réel.

Etant tout les deux sur un axe parallèle, et présentant chacun un flanc, seul le Tank Mk IV du sous-lieutenant Frank Mitchell peut  utiliser son canon. Mais avant qu'il ne son canonnier n'est le temps d'ajuster un coup au but, une pluie de balles de 8 mm s'abattent sur le flanc du tank britannique. Si toute ne traversent pas le blindage, elles n'en produisent pas moins de multiples projections de métal dans l’habitacle. A l’intérieur c’est le chaos. Mitchell est légèrement blessé au visage et  l’un des ses canonnier l’est au bras.  Fortement secoué par cette première passe, l’ordre est donné de trouvé un abri.  Mais le combat n’est pas terminé. Le tank britannique fait demi-tour et repart en sens inverse.

La seconde passe ressemble à la première à ceci prés  que cette fois si le Mk. IV profitera de tout les replis du terrain pour s'abriter des tirs de mitrailleuses du "Nixe". Il évitera la catastrophe de justesse en passant à quelques centimètres  de soldats anglais abrité dans un cratère d’obus (se signalant par de grands gestes).  Le Tank MK.IV ressortira de l’autre côté du cratère.
Mais à ce petit jeu de cache-cache, les allemands ne se laissent pas surprendre (même si il ne semble pas chercher à aligner le tank de Mitchell avec leur canon de 57 mm). Une seconde rafale de 8 mm s’abatte de nouveau sur le flanc du tank anglais. L’un des mitrailleurs de l'équipage de Mitchell est alors sévèrement touché aux jambes, et git sur le planché de l’engin. En pleine manœuvre l’équipage ne peut promulguer, un premier temps, que des soins légers.
Etrangement Le Nixe continue sa route en direction des lignes britanniques,  et semble se désintéressé du sort du tank anglais. Mitchell ne l’entend pas ainsi, et le nixe, est pour lui la cible à abattre.  Si depuis le début du combat il effectue tous ses manouvres à pleine vitesse. Il commence à ralentir pour permettre à son canonnier une meilleure visée. Si aucun coup au but n’est enregistré, les tirs se font plus précis et chaque obus semble tomber plus prés du Nixe que le précédent. C'est alors qu'il décide de stopper carrément et simplement  la machine. Il ne faut pas attendre très longtemps pour enregistrer un premier coup au but sur le Nixe (en haut de sa caisse). Le second tir le touche l'avant. L'A7V laisse alors s'échapper une fumée épaisse. Puis c’est la mise à mort, le troisième obus arrête net le Nixe dans sa course. En moins de 2 minutes, le Nixe, vient d’être touché par trois obus, l’équipage accuse la perte de 3 morts et 3 blessés (sur 18 hommes théoriquement). En mauvaise posture, l'équipage qui le Nixe et tente de se mettre à l’abri.

Devant ce succès Mitchell, manœuvre pour cueillir l'un des deux A7V restant qui semble toujours l' ignorer, pour se concentrer uniquement sur les défenses britannique. C'est au tour du "Schnuck" d'être pris pour cible. Cette fois si la technique de Mitchell est rodé, et il faut peu de temps pour que le Schnuck soit endommagé. L'équipage dénombre six morts. Prudent il fait demi-tour et tente de rejoindre ses lignes (il sera réparé et finalement perdu à Fremicourt le 31 Aout 1918). Quant au "Siegfried" du lieutant Bitter, il prend la direction du nord pour rejoindre les troupes qui attaquent en direction du sud du bois d'Arquene.

Mitchell sort donc grand vainqueur de cette première rencontre tanks contre tanks, pourtant pour lui l'affaire n'est pas fini, dans un premier temps il s'emploi à réduire l'assaut des fantassins allemands. Mais un nouvel adversaire semble s'intéresser à lui. Un avion allemand commence à orbiter au dessus de lui. Dans un premier temps il semble hésiter un instant (manquant de char de fabrication national, les allemands récupéreront au cours un grand nombre de machine perdu par les alliés qu’ils remettront en service sous leur propre couleurs). Puis largue une bombe qui frôle le Mk IV. A l'intérieur tout est retourné. Le choc a été rude mais le char ne semble pas avoir été endommagé. L'avion allemand s’il ne largue plus de bombe semble avoir signalé la présence de Mitchell à l'artillerie allemande. Très vite il se retrouve sous une pluie d'obus. Tentant de passé entre deux cratère d'obus, il glisse, et se retrouve piégé au fond de l'un deux. Moteur à toute puissance, il commence à franchir le nouvel obstacle lorsque le moteur calle. La situation est critique, le char anglais est à moitié sorti cratère est expose l’avant et surtout le dessous du tank (très faiblement blindé). Les mécanicien tentent de refaire démarrer le moteur mais celui-ci refuse. il est décidé d'enclenché la marche arrière et de laisser la graviter faire le reste. Par chance pour l'équipage, le moteur redémarre, et le Mk.IV réussi a ce sortir de ce piège mortel.

Le danger sur la route de Cachy semble alors écarté,  Mitchell prend la route vers le nord et le bois d'Arquene. Il est  10h20 du matin lorsqu'il assiste à la charge des sept Whippet alors resté en réserve attaqué les troupes allemandes.

Les Whippets entrent dans la course.

 

whippet medium tank A

Rapide (jusqu'a 12km/h) et bien armé (quatre mitrailleuses) , les Whippets sont des chars dit de cavalerie (ou léger) leur rôle est de profiter de leur vitesses pour faire des ravage dans les rang adverse, sont rôle est limité à combattre l'infanterie (ou les colonnes hippomobiles).

Positionné a l'Ouest derrière Bois de Blangy (juste derrière le bois d'Arquenne), ils reçoivent l’ordre à 10h30 de se porter au sud de celui-ci, et de rester en attente. Parti en reconnaissance, le capitaine Thomas R. Price rencontre le capitaine Sheppard des Northamptons commandant deux compagnies d'infanterie. Celui-ci l'informe de la présence de soldats allemands  se regroupant  plus loin dans la plaine. Un terrain idéal pour ses chars. Le plan d'attaque est rapidement décidé, les Whippets attaqueront en ligne, distant d'une cinquantaine de mètres les uns des autres, ils devront foncer tout droit pour disperser les fantassins (et faire le maximum de dégât) et de faire demi tour, avant alors que les terrains ne les expose aux tirs directs de l'artillerie allemande plus en retrait, pour lancer un second assaut dans le sens inverse. L'idée n'est pas de prendre la plaine mais et désorganiser les troupes allemandes.

Peu de temps après la rencontre entre les deux officiers, les sept Whippets, en formation en ligne, foncent à travers la plaine pour venir à la rencontre des unités  de la 77 division d'infanterie allemandes. Celle-ci est surprise alors qu’elle est en plein rassemblement. Lors de cette première passe les pertes sont lourdes, les hommes surpris par la vitesse des Whippets ne peuvent se mettre à l'abri. De plus les quartes mitrailleuses positionnées sur tout les azimutes assurent aux whippets une défense efficace contre toute tentative d'attaque sur ses flanc et ses l'arrière de la part de l'infanterie. Pourtant tout ne va pas sans casse pour les Whippets, l'un d'entre eux dépasse la ligne de non retour et se retrouve exposé par des tirs directs de l'artillerie allemande. D'autre attribueront sa destruction au "Siegfried" (qui avait fait route vers le nord après la perte du "Schnuck" et du "Nixe"). L'apparition de char d'assaut allemande change quelque peu la donne. Trop lent pour courir après les Whippets, cela ne l'empêche pas de tirer sur eux, il en touche un second avec sont canon de 57mm.  Les britanniques accuseront donc la perte de lourde perte puisque seulement trois d'entre eux reviendront, Mais c'est perte ne sont en rien comparable à celle de l'infanterie allemande, puisque plus de 400 morts allemands gisent sur le champ de bataille, mettant un point final à l'offensive allemande en direction de Cachy et au sud du bois d'Arquenne.

Mais la bataille n'est pas encore terminée. Si les Whippets regagnent leur point de départ vers 14h30. Le "Siegfried" et le tank Mk.IV de Mitchell, se rencontre de nouveau. Mitchell applique la même tactique que  précédemment. Il expose son flanc pour donner le plus de champ possible à l'un des ses canonnier, mais reste en mouvement (vitesse lente). Si c'est l'anglais qui tire le premier,  celui-ci manque sa cible. Cette fois-ci, l’A7V est de face et réplique avec son canon de 57 mm. Les tires du "Siegfried" tombent à moins de dix mètre de son adversaire. Mitchell ordonne d'accélérer pour se positionner rapidement, et tourner son adversaire. C'est alors qu'il est touché par un obus de 57 mm. Le Mk. IV d’échenille et se met à tourné sur lui même avant de s'arrêter complètement. Cette fois-ci le combat à tourné à l'avantage de l'allemand. Les britanniques doivent évacuer l'engin au plus vite et se mettre à l'abri dans les tranchés anglaises. L'équipage de Mitchell après avoir passé plusieurs heures dans cet environnement clos, sont totalement hagard,   sourd et rendu malade par les vapeurs d’essence.

Le bilan de la journée :

L'intervention des chars britanniques a retourné la situation sur le front Sud (en direction de Cachy) et au centre. Si Villers-Bretonneux est tombés et le bois d'Arquenne, partiellement occupé, les britanniques ont réussi, malgré de lourde pertes, endiguer les troupes allemandes sur leurs seconde lignes de défense. Au soir du 24 Avril 1918, l'offensive allemande pour la capture des plateaux de Villers-Bretonneux à échoué.

Le Rôle des A7V a été primordiale, jouant un rôle important contre l'infanterie (tire en enfilade des tranchés) ou dans le franchissement des lignes de barbelés et des tranchés. Efficace contre les chars britanniques, sont rôle de forteresse roulante n'est plus à démontré. Mais comme le Saint-Chamond et le Schneider,  d’une conception antérieur, il manque de manœuvrabilité,  de capacité de franchissement, et de fiabilité. Le manque d'expérience et le retard technique et tactique des allemands est patent face à des britanniques qui ont mit à profit deux années d'expérience en améliorant sans cesse leurs machines, mettant en service de nouveaux model, tout en développant de nouvelles tactiques. (et surtout une coperation meilleur coopération entre infanterie, aviation, et l'artillerie. Les véhicules plus légers comme les voitures blindé viendront s'y greffer comme le démontra le raid britannique autour d'Amiens en Août 1918)

Résumé des pertes des A7V durant l'offensive sur Villers-Bretonneux le 24 Avril 1918

Sur les quinze chars prévus à l'origine seul treize participent a l'assaut.
Trois sont endommagés ou perdu du fait de l'ennemi, (Herkules est touché par l'artillerie, Schnuck et le Nixe par le Tank MK IV de Mitchell).
Deux tombent en panne (avant de rencontre l'ennemis), et deux autres font demi-tour et rompent le combat en raison de problème technique : le Gretchen (surchauffe moteur) et le Baden I (problème canon).
Deux se font piéger par le relief "Méphisto" (tombe dans un cratère et y reste piégé) et "Elfriede" se retourne sur le flanc.

Si Mitchell et sont équipage sont crédités de la destruction du deux tanks ennemis, les britanniques auront la surprise de voir disparaître le "Nixe" du champs de bataille. Revenus vers leur épave, peut être avec l'intention de le saborder, Blitz découvre que le "Nixe" est encore en état de marche et que son moteur tourne encore. Profitant de l'accalmie du front et de l'absence d'opposant, Blitz tente de ramener le "Nixe" à l'arrière. Sur le chemin du retour, celui-ci tombera en panne à peine deux kilomètre plus loin.

Tank A7V totalement détruit pres de Villers-Bretonneux.
Il s'agit peut être du "Nixe" qui tentera de rentré dans ses lignes après le combat contre Mitchell. Tombant en panne sur le chemin du retour, il est possible qu'il est été saboté ou detruit par l'artillerie
P01726.002 Australian War Memorial

 

La nuit du 24/25 avril 1918.

source : http://www.museeaustralien.com/images/file/Bataille%20Villers-Bretonneux.pdf

Après avoir stoppé les allemands, les britanniques décident de contre attaquer au plus vite, avant que les allemands puissent faire venir leurs propre réserve. La mission est confiée aux troupes australiennes qui viennent d'arriver. Si le plan original prévoit une attaque à 20h sur l'axe Cachy / Villers-Bretonneux, les généraux australiens, Elliott (15 ème Brigade) et Glasgow (13 ème brigade), voient l'affaire tout autrement, sachant que le soutien en artillerie sera insuffisant ils préfèrent mener une attaque de nuit, par une prise en tenaille autour de Villers-bretonneux, (en évitant le bois d'Aquenne  par la 15 brigade au nord et par la 13ème au sud) sans préparation d'artillerie. La surprise, et l'obscurité devant jouer en faveur de l'assaillant. Les anglais participeront aussi à l'attaque. Trois  bataillons de la 54 ème brigade couvrant la 13 ème brigade (pince sud) en avançant vers l'est (en direction du bois de Hangard

artillerie

Howitzer près de Villers-Bretonneux, 24 Avril 1918
E02103 Australian War Memorial

 

A 22h, l'assaut est lancé. La pince sud (la 13 ème brigade de Glasgow), après de rude combats, elle réussi à passer sous le bois d'Arquenne, et atteint Sud de Villers-Bretonneux.
« L’attaque ralentie par un poste de mitrailleuses ennemies vigoureusement défendu jusqu’à ce que celui-ci soit éliminé par un groupe dirigé par le lieutenant Clifford William King Sadlier, 51e bataillon (Australie Occidentale). Sadlier avait été blessé, mais il put néanmoins rassembler immédiatement sa section de bombardiers et les dirigea contre les mitrailleuses, tuant les tireurs et saisissant deux des armes. A ce stade, ses hommes étaient tous blessés et il attaqua une troisième mitrailleuse ennemie tout seul avec son revolver, tuant l’équipe de tir et s’emparant de la mitrailleuse. Ce faisant, il fut de nouveau blessé. Pour sa bravoure hors pair, et pour avoir maintenu l’élan de l’assaut, on lui décerna la Victoria Cross (Croix de Victoria). » (cf : http://www.ww1westernfront.gov.au/fr/battlefields/villers-bretonneux-april-1918.html)

Mitrailleurs allemands tués au cours des combats de la nuit du 24/25 Avril 1918
E02434 Australian War Memorial

A 2h du matin les australiens atteignent la route Villers-Bretonneux / Hangard,  en prennent position et s'y fortifient.
Plus au sud, la 54ème brigade anglaise, si elle progresse dans un premier temps, elle se retrouve vite en difficulté. Incapable d'atteindre ses objectifs elle toutefois obligé de tenir le terrain conquit pour ne pas découvrir totalement le flanc de la 13 ème brigade australienne. Mais ses positions sont précaires et certaines unité sont distantes les unes des autres. Risquant ainsi un encerclement, et le passage en force d'unités allemandes.

Au Nord, la 15 ème brigade du général Elliott lance sont attaque à 23h, une heure après celle de la 13 ème,  en contournant Villers-Bretonneux par le Nord. Les combats se poursuivent tout au long de la nuit  et les australiens repoussent les allemands jusqu'a la route de Warfusée. Les allemands dans Villers-Bretonneux, et dans le bois d'Arquenne tiennent les lignes, ils ne sont pas encore totalement piégés tant que le corridor à l'Est de la ville subsiste.

Dans l'impossibilité de contre attaqué (par manque de réserve) les allemands commencent par évacuer dès l'aube le bois d'Arquenne vers Villers-Bretonneux. Les australiens en profitent pour attaquer aux nord et au sud du bois. A 6h, Les Australiens appuyé par les anglais (deux bataillons) attaquent Villers-Bretonneux par le nord. Les combats sont rudes. A 9h ils atteignent la route qui mène à Amiens. Le corridor n'est donc pas coupé et les troupes allemandes continuent à retraiter du bois d'Arquenne en traversant le village. Vers midi, l'assaut est mené par le sud de Villers-Bretonneux par un bataillon anglais. La gare bourg  ne serra atteinte qu'en fin d'après midi, permettant la jonction de la 13 ème et la 15 ème brigade australienne. Le cordon est coupé. Piégé, les troupes allemandes se tapissent dans le village et organisent des poches de résistances. Il faudra toute la fin de journée aux troupes australiennes et anglaises pour liquider ces poches aux prix de lourde perte.

26 Avril, les français arrivent.

Les Français, à qui les britanniques avait sollicité de l'aide une dizaine de jours plutôt, viennent relever les troupes britannique aux sud de Villers-Bretonneux.
La 54 ème brigade, qui a terriblement souffert, et qui tient encore le front face au bois de Hangard est relevé par la 1re division marocaine (Composée de Tirailleurs algériens et tunisiens, de Zouaves et de Légionnaires, et non pas de soldats marocains…si les marocain sont bien présent dans l’armée française, ont les retrouve dans les rangs Régiment de Marche de Tirailleurs Marocains (R.M.T.M)). Arrivé dans la soirée du 25 avril, il est prévu qu'elle attaque dés le lendemain en partant de la route de Domart/Villers-Bretonneux.  Bâclé,  l'attaque est un fiasco. Arrivé trop tard dans la soirée, les troupes françaises n'ont pu examiner la topographie des lieux. La coordination interalliée entre l'infanterie et l'artillerie échoue. Et lorsque les troupes s'élancent  à 6h du matin, elle se retrouve cloué au sol par les mitrailleuses et l'artillerie allemande. Pourtant l'infanterie aux prix de 3000 tués et blessés (sur 10000 hommes) continue l'assaut, pour un gain dérisoire.

Conclusion après trois jours de combats

Les combats qui se déroulèrent autour de Villers-Bretonneux, du 24 au 26 avril, ramenèrent les allemands, peu ou prou à leurs points de départ. Les pertes dans chacun des camps est approximativement les mêmes : 10600 pour les allemands, contre 12000 pour les alliées (français, australiens et britanniques).
Mais cette bataille, est révélatrice sur plus d'un point.
Si l'offensive allemande " Michael" c'est terminé en raison de l'épuisement des troupes et du manque de réserves du coté allemand. La bataille de Villers-Bretonneux, le confirme.
Du coté britannique l'utilisation d'engin mécanisé (Tank MK.IV et Whippets) permit, même si il était peu nombreux, d'enrayé plusieurs attaques allemandes. Utilisé de manière optimal, elle causa d'énorme perte chez l'ennemie tout en économisant les hommes de leurs côtes.
De plus contrairement aux allemands les Allies (ou l’Entente) ont encore des réserves, et l’arrivé des américain fait que chaque jour qui passe fait pencher la balance en leur faveur.
L'aviation joua également un rôle important lors de cette bataille. Puisque une fois le brouillard levé, elle effectua de nombreuses missions de reconnaissance aux profits de l'artillerie.
Autre point, plus symbolique. La bataille de Villers-Bretonneux, marque la présence des troupes Australienne sur le front Ouest. Bien que ce ne soit pas leur premier engagement, ni la plus grande bataille du front ouest. Par sa date, elle fait écho au jour du débarquement des troupes australiennes lors de la bataille de Gallipoli le 24 avril 1915 et l'engagement des troupes australiennes sur tous les fronts. Tout un symbole.
Restons encore dans le symbolique, puisque la bataille de Villers-Bretonneux voit également pour la première fois de l'histoire un duel tank contre tank.  Même si ce type de rencontre restera anecdotique tout au cours du conflit.

Galerie photo de la bataille de Villers-Bretonneux

 

Sources :

autre version du duel A7V / Tank Mk.IV :
http://1418bd.free.fr/labase/dosmonumLaBornedesTanksVillersBretavril18_80.pdf

en cas de lien brisé : document PDF ici

http://en.wikipedia.org/wiki/A7V
http://fr.wikipedia.org/wiki/Seconde_bataille_de_la_Marne
http://www.museeaustralien.com/images/file/Bataille%20Villers-Bretonneux.pdf
http://santerre1418.chez.com/fr/histoire/whippet.htm

Réalisez un A7V en papier :
http://landships.info/landships/Models/pdfs/A7V_561_Nixe.pdf

http://www.spartacus.schoolnet.co.uk/FWWamiens.htm
http://www.davidrowlands.co.uk/gallery/gal_detail.asp?varPaintCode=053
http://www.flickr.com/photos/glosters/5943851550/
http://www.feldgrau.net/forum/viewtopic.php?f=67&t=26003&start=15
http://www.lighthorse.org.au/resources/military-stories-ww1/thomas-william-glasgow

Vidéo :

http://www.youtube.com/watch?feature=endscreen&NR=1&v=bn4uRvgIEJY

logo A7V

A7V Sturmpanzer

- Un monstre de 30 tonnes
- Au combat
- Combat tank vs tank : Villers-Bretonneux
- Après guerre
- Galerie Photo
- Le Mephisto
- Elfriede
- Liste des A7V mis en service

- Sources